A la Ferme Habitat Solidaire

Savoir accueillir l’inattendu

« Avant de se lancer dans l’aventure, on a besoin de vérifier que tu es bienveillante, pas raciste, pas homophobe, pas violente. » ; c’est ce que Raphaël m’a dit au téléphone lors de notre première conversation. Je me suis donc présentée lundi 16 novembre dernier au portail de cette petite ferme planquée sur les hauteurs toulousaines. J’ai été accueillie avec le café. Il y avait autour de la table, ce jour-là, Patricia, bénévole qui s’occupe des animaux et du restaurant, Christian, charpentier et formateur, Lorentiu, apprenti charpentier à la Ferme, et Alain, en stage de charpenterie. Plus tard, alors que l’on se dirigeait vers le chalet que Raphaël me proposait d’occuper, ma route fut barrée par des canards. Non non, ils ne se pousseraient pas de mon chemin. En fait, c’était moi qui était sur le leur: ils allaient prendre leur bain quotidien dans la piscine. Puis je me suis retrouvée à essayer de promener un troupeau rigolo composé de deux chèvres, deux moutons et un cheval, sur la route qui borde la Ferme. En fait, encore une fois, c’étaient plutôt eux qui me promenaient. Le soir-même, j’ai été invitée à partager un dîner avec des personnes qui s’étaient lancé le défi d’organiser une conférence d’Alexandre Jardin (finalement annulée par l’intéressé 2 jours avant), pour finir par y parler phytothérapie équine. Tout mon séjour a ressemblé à cette journée: je me suis faite trimballer de rencontres humaines en rencontres animales.

A la Ferme, autour des animaux, vivent des personnes. Il y a 6 chalets en tout, auto-construits, habités par ceux qui en ont besoin et envie. En ce moment il y a par exemple la petite Magdalina et ses parents, mais aussi Lorentiu, tous originaires de Roumanie. J’ai enchaîné grâce à eux deux soirées roumaines dans le grand chalet qui sert de lieu de rassemblement, et estime à 2kg le poids pris chaque soir.

Pendant 10 jours, j’ai donc pris soin des animaux, fais un peu de construction en bois, cuisiné pour le restaurant, mais aussi et surtout beaucoup papoté, avec une multitude de personnes. J’ai assisté à un groupe de travail sur l’installation d’habitat démontable à Emmaüs, discuté de l’intérêt de nourrir des chevaux à l’orge germée, découvert le traitement des traumatismes par la méthode EMDR, soit comment « déstocker » de l’amygdale la mémoire traumatique, …

« Savoir accueillir l’inattendu », c’est le mantra de Raphaël, qui lui permet de continuer à faire confiance et rebondir, malgré les intempéries. Je repars donc avec cette petite phrase, et espère moi aussi prendre un jour des bains dans la mare aux canards.

Pour en savoir plus, le site de la ferme : http://www.ferme-solidaire.org/

Et aux membres de la Ferme: Merci !

 

 

 

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